Crolles, technologie, nature et vivre ensemble;accueille plus de 100 associations et 200 commerces et services; une ville de 8539 habitants et 9000 emplois directs

2500 ans d'histoire

Le saviez-vous ?


Crolles,

viendrait du latin "corrotulare", signifiant faire rouler, pierre détachée de la montagne.


Henri IV, Louis XIII, Richelieu,

auraient été accueillis à la propriété du chateau de Bernis, respectivement la nuit du 5 août 1600 pour Henri IV, et en 1639 pour Richelieu.


Le chemin du facteur,

était emprunté au XIXe siècle trois fois par semaine par le facteur pour desservir St Hilaire, soit près de 15km de marche pour 900m de dénivelé aller/retour à chaque desserte, d'où son nom.


Crolles est située au plus large de la vallée du Grésivaudan, creusée par l’érosion glaciaire à la jonction du massif calcaire de la Grande Chartreuse (au nord-ouest) et du massif granitique de Belledonne (au sud-est). Carte Cassini, Source Géoportail.

Dans cette vallée, les premiers habitants connus sont les Allobroges, peuple celte qui occupe la zone située entre l’Isère et le Rhône à partir du Ve siècle avant notre ère. Au IIe siècle avant Jésus Christ, Rome annexe la région et y implante des colonies : des domaines agricoles se développent dans tout le Grésivaudan, laissant des vestiges archéologiques datant du Haut et du Bas-Empire (du Ier siècle avant JC au début du Ve après JC).
Lors des Grandes Invasions du Haut Moyen-Âge (à partir du Ve siècle), les Burgondes, peuple germanique, s’infiltrent dans les possessions romaines. Le pouvoir reste toutefois aux mains du clergé : l’évêché de Grenoble, constitué en 381, croît rapidement. Il est d’ailleurs probable que Crolles, comme l’ensemble du Dauphiné, en dépendait. Mais dès le XIe siècle, Guigues Ier, comte d’Albon († en 1070), inclut le domaine de Montfort – dont le bourg de Crolles – à ses possessions. Le 30 mars 1349, le dernier Dauphin, Humbert II, vend ses possessions au roi Charles V : Crolles est désormais en France.
Aux luttes féodales du Moyen-Âge entre la Savoie et le Dauphiné succède, durant l’Ancien Régime, la domination du Parlement de Grenoble. L’opposition de ce dernier au roi, en 1788, déclenchera la Révolution française.
Jusqu’au développement de l’industrie, au XIXe siècle, l’économie crolloise est basée sur l’agriculture, l’exploitation forestière et l’élevage. Si le bétail est peu présent jusqu’au XVIIe siècle, noyers et vignes sont cultivés dès le Moyen-Âge. De plus, signe d’une industrie en plein essor, l’élevage des vers à soie se répand dès le XVIIIe siècle, tandis que le chanvre est cultivé jusqu’au début du XIXe siècle.
Les ressources naturelles expliquent en partie le développement industriel de la région : la ganterie de Grenoble a été favorisée par l’élevage des caprins en montagne et la main d’œuvre disponible dans les populations agricoles. La couture de gants à domicile est, au XIXe siècle, une source de revenus complémentaires appréciée. De plus, l’eau est très tôt utilisée comme force motrice : en témoigne la dizaine de moulins à huile, grain, gruau, etc. qui émaillent à cette époque le ruisseau séparant Crolles et Bernin.

Patrimoine de Crolles

Si Crolles se distingue aujourd’hui par la modernité de son industrie, les Crollois n’en conservent pas moins un fort attachement pour leurs racines : certains monuments, vestiges de l’histoire, sont là pour le rappeler.

L’église Saint-Pierre – Saint-Paul

L’église Saint-Pierre – Saint-Paul a été reconstruite à partir de 1648 sur l’emplacement d’une église médiévale.

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Elle abrite des peintures murales du XVIIIe siècle récemment restaurées, ainsi qu’un riche mobilier (maître-autel Louis XV en marqueterie, chandeliers du XVIIIe siècle, nombreuses statues).


Les cadrans solaire

Au nord-ouest de l’église, la cure porte un cadran solaire (img n°1) sur sa façade sud-ouest. De celui d’origine, qui datait probablement du XVIIIe siècle, ne restait que le style (aiguille dont l’ombre portée indique l’heure) ; il a donc été recréé en 2001 en gardant l’ancien style, mais avec un nouveau décor.





Ce cadran (img n°2) est typique de l’Art populaire. Daté de 1861, il pourrait être antérieur d’un siècle : motifs d’angelots anachroniques. D’après les inscriptions déchiffrées, ce cadran aurait été refait par François Capitan, maçon de père en fils à Crolles depuis le XVIIIe siècle.


L’abbaye des Ayes

L’abbaye des Ayes fondée au XIIe siècle par Marguerite de Bourgogne, veuve du Dauphin Guigues IV, était une abbaye cistercienne et de femme.

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Elle comprenait un logis abbatial, des dortoirs, un réfectoire, une église, trois chapelles entourées de jardins ainsi qu’ un moulin.
Les bâtiments ont beaucoup souffert durant les guerres de religion du XVI siècle. L’église et certaines annexes sont suite à cette période difficile reconstruites avant que l’église ne soit à nouveau dévastée par un incendie en 1648. Suite à la Révolution, elle est vendue comme bien national.
En 1791, l’abbaye est alors achetée par César de Chaléon, Conseiller de l’ancien Parlement de Grenoble et député de la noblesse des Etats Généraux. Les bâtiments subissent alors diverses transformations : magnanerie, démantèlement pour reconstructions privées… Les stalles en bois du XVè siècle font ainsi et désormais partie du patrimoine de l’Eglise de la Résurrection du Christ (17 rue Voltaire 38000 Grenoble, Chapelle de l’Adoration).
Le logis de l’abbesse (propriété privée, rue Elsa Triolet) inscrit aux Monuments Historiques, et le moulin des Ayes (propriété communale) visibles aujourd’hui sont les seuls vestiges des fondations de l’ordre de Cîteaux dans le département.

  • Etude : L’abbaye, le moulin des Ayes et le ruisseau de Craponoz..
    A. SCHRAMBACH V. VALENZA avec la collaboration de madame BOTET, R. CHAGNY et de P. SINFISO. Vallée du Grésivaudan. Commune de Crolles. L’abbaye, le moulin des Ayes et le ruisseau de Craponoz 124 pages 68 figures 2005 – 2010. Etude faite à la demande de la commune en 2005


Le moulin des Ayes

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Le ruisseau de Craponoz a longtemps offert sa force vive à de nombreux moulins. Ainsi en 1820, on répertorie dans les matrices cadastrales : quatre tuileries, cinq moulins à grain, deux à deux roues (une pour le grain et une pour l’huile), un grouard (moulin spécialisé dans la fabrication du gruau), deux pressoirs à huile et quatre battoirs à chanvre. Tous utilisaient l’eau du ruisseau, dérivée par des écluses, puis acheminée par des canaux (béals) jusqu’aux machines. Le moulin des Ayes situé chemin du meunier appartenait à l’origine au domaine de l’abbaye du même nom.
Il a subi de nombreuses modifications aussi bien dans son architecture que dans ses machineries, mais le bâtiment actuel est attesté dès le milieu du XVIIIème siècle. Le bâtiment s’élève sur deux niveaux et conserve une installation complète pour moudre des céréales et une huilerie (noix et colza).Le matériel date du XIXème ou XXème siècle ; seules quelques pièces sont anciennes comme la meule.
Le moulin est resté en fonction jusqu’aux années 90. Propriété de la commune depuis 2000, il est actuellement restauré en partenariat avec l’association Les raisonneurs de pierre. Il ouvre ses portes lors des évènements patrimoniaux.


Le routoir

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La culture du chanvre à Crolles.
L’ancien routoir situé rue Lionel Terray est le dernier qui reste à Crolles, il est le témoignage d’une activité ancienne importante. Le chanvre – cannabis sativa – est une plante annuelle à tige creuse recouverte d’écorce fibreuse, qu’on utilise pour fabriquer du papier, des cordes ou du tissu pour les vêtements et les voiles des bateaux. Dès la récolte, les tiges regroupées en bottes macèrent durant dix jours environ: c’est le rouissage. On peut alors extraire les fibres – cette opération est dite teillage – puis les peigner jusqu’à obtention de fils. Appréciant les milieux riches et humides, le chanvre est cultivé dans la vallée de l’Isère dès le Moyen Âge et jusqu’au début du XXe siècle. C’est d’ailleurs au XIXe siècle que cette culture est la plus florissante, à tel point qu’en 1815, un décret impérial classe les routoirs, bassins servant au rouissage, établissements insalubres : le trempage engendre odeurs nauséabondes et pollution des cours d’eau qui incommodent le voisinage. Désormais, toute création de ces bassins est soumise à autorisations préfectorale. On sait ainsi qu’à Crolles en 1836, quatre nouveaux routoirs sont créés aux Îles, le long de la Chantourne ( canaux créés au cours du XIXe pour assainir la plaine de Crolles, jusque-là marécageuse en raison du cours changeant de l’Isère). En 1848, Crolles compte 100 hectares plantés en chanvre et six tisserands, témoins du développement de cette activité. Puis cette industrie décline, en raison de la concurrence du coton et des fibres synthétiques. En 1892, il ne reste plus à Crolles que 2 hectares de chanvre et plus aucun tisserand.


Bassins et fontaines

Plus d’une quarantaine de bassins ont été recensés à Crolles. Privés ou publics, ils datent pour la plupart du XIXe siècle. Jusqu’à une époque récente, ces fontaines étaient les centres de la vie : l’eau provenant des sources de montagne était canalisée pour les besoins de la communauté ; elle permettait de faire boire hommes et bêtes, faire les lessives, nettoyer les tonneaux… L’existence et la conservation de ces fontaines illustrent bien l’esprit communautaire des hameaux qui composent Crolles. L’eau étant particulièrement nécessaire à la vie agricole (pour abreuver les bêtes notamment), son besoin se fait cruellement sentir dès le XIXe siècle dans tous les hameaux de Crolles, peu équipés en fontaines. Les habitants se regroupent, partagent les frais de fouille et de réalisation du bassin. Lors de la création d’une fontaine, un syndic est alors créé : il gère son entretien et les droits à faire payer aux nouveaux habitants. Le plus grand bassin de Crolles était celui du Bourg de Crolles, actuelle place de la Liberté : construit en 1811, il comportait un grand lavoir-le seul du village jusqu’en 1858- et, chose exceptionnelle, un triomphe à deux jets.


Le château de Montfort, dit château Robert

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Vestige du Moyen Âge, le château de Montfort surplombe la vallée. Il est mentionné pour la première fois au XIe siècle ; une motte castrale (édifice avec tour et palissade de bois) avait probablement été dressée sur ce promontoire naturel. L’édification du château de pierre remonte au XIIIe siècle. Ce site est aujourd’hui en cours de restauration par l'association Les raisonneurs de pierre.


Le château de Crolles, dit de Bernis

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Dans la plaine, le château de Crolles a progressivement été englobé dans le bourg. Cette ancienne maison forte, attestée dès le milieu du XIVe siècle, a été transformée au XVIIIe siècle. Elle est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.


Crolles conserve en outre des traces de son passé industriel, notamment les bâtiments d’une ancienne cimenterie installée sur le ruisseau de Crolles (sentier des coteaux). Un aqueduc en pierre a été conservé. Il servait à conduire vers la vallée l’eau captée au-dessus de la cimenterie. Enfin des bassins du XIXe siècle, ainsi que des croix dans les quartiers anciens révèlent les caractéristiques de l’architecture rurale traditionnelle.

Connaissance de Crolles

La collection Connaissance de Crolles visite l’histoire de la commune et donne des clés pour comprendre ce qu’elle est aujourd’hui